,Charlotte était assise sur son lit. Dans une minuscule chambre. Comment une famille aussi riche pouvait-elle posséder une telle pièce ? La chambre de bonne. Et elle y vivait, simplement parce qu'elle était employée comme telle. Quand sa mère décéda, il y avait maintenant 7 longues et dures années, son père, qui n'avait pas les moyens de s'occuper de sa petite fille alors âgée de 13 ans, la confia à la famille de Vigny. Catherine et Pascal, eux, avaient un garçon prénommé Raphaël. Il avait 2 ans de moins que Charlotte et les enfants auraient dû s'entendre à merveille, comme frère et soeur. C'est ce qu'il se passa au début, d'ailleurs. Charlotte se tordaient les mains, plongée dans ses souvenirs. Elle réfléchit et s'étonna d'à quel point cet endroit l'avait changée. Dans cette demeure, le temps semblait s'allonger et transformer les gens en machine glaciale. Charlotte ne s'était jamais sentie aussi seule. Elle se souvenait très bien du jour où son père l'avait emmenée ici. Elle se souvenait très bien de comment sa vie avait basculé. Deux jours à peine après le décès de sa mère, elle avait aussi dû quitter son père. Charlotte, qui venait d'avoir 20 ans il y avait peu, se coucha de tout son long sur le lit, et ferma les yeux pour mieux se rémémorer cette scène, toujours aussi douloureuse.
* flashback *
Charlotte resta sur le pas de la porte pour regarder Daniel, son père, dans les yeux. Mais il lui tournait le dos et montait déjà dans sa voiture. La petite se sentait abandonnée mais il lui avait dire faire cela pour son bien. Lui, il n'avait pas d'argent et n'était jamais à la maison. D'ailleurs, Linda ne l'avait pas été pas très souvent non plus. Elle avait travaillé comme servante chez les de Vigny jusqu'à sa mort, et ne rentrait que tard le soir. Charlotte pensait qu'elle allait devoir apprendre à connaître ces gens et à s'en faire une nouvelle famille. La vérité était tout autre...
- Mademoiselle Lamartine ! C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?! s'insurgea Catherine de Vigny déjà en haut de l'escalier.
Charlotte soupira... Ces mots lui faisaient penser à Cendrillon, une histoire que sa mère lui racontait presque tous les soirs. Elle referma la grosse porte d'entrée et monta rejoindre Catherine, qui lui indiqua sa chambre. Après avoir rangé ses affaires, elle visita un peu la maison, seule. Elle pénétra dans une chambre immense. Il y avait un piano sur lequel elle promena ses petits doigts. Il lui semblait n'en avoir jamais vu de si beau. Elle regarda les murs, peints en blanc. Seul un lit de petite taille prouvait que la pièce était celle de leur fils. Charlotte se remémora les couleurs vives de son ancienne, qui reflétaient sa personnalité. Mais ici, tout était froid et elle le deviendrait, elle aussi. A cet instant, elle réalisa qu'elle n'avait sans doute pas le droit de se trouver là. La petite sortit rapidement et retrouva sa propre chambre. Catherine l'appelait d'une voix autoritaire. Charlotte dévala les escaliers et se posta devant elle, qui la fixait sévérement de ses yeux foncés.
- Bien, tu es enfin là. La cuisine, c'est la pièce juste à côté. Dépêche-toi de préparer quelque chose, Raphaël a un cours de piano qu'il n'a pas intérêt à rater par ta faute.
- Je ne suis pas très douée... dit-elle en baissant la tête. Je suis désolée, madame.
- Ta mère ne t'a donc rien appris ? Ne joue pas les effrontées avec moi !
Charlotte courut jusqu'à la cuisine. Elle sortit une casserole, et prépara à manger. De simples pâtes. Et puisqu'ils étaient visiblement pressés, elle augmenta la puissance de cuisson, ce qui lui valut une paire de claques quand elle apporta sur la table de la salle à manger un repas brûlé, accompagné de pâtes trop cuites.
- Ne sois pas trop dure, très chère. Ce n'est qu'une enfant... s'adressa Pascal à sa femme en regardant la petite avec douceur. Une délicieuse enfant.
- Et toi ne la défend pas ! Surtout devant elle ! Si elle ne sait même pas faire chauffer correctement des pâtes et un steak, elle ne sert pas à grand ch...
- Il suffit, Catherine ! Charlotte, prend une assiette et va à la cuisine. Raphaël, termine tout de même ton plat et file te préparer. Je vais t'emmener à ta leçon de piano.
A bientôt 11 ans, Raphaël n'avait déjà plus réellement besoin de ces cours qu'il prenait depuis qu'il savait parler. Il savait jouer un morceau qui lui était inconnu rien qu'en ayant parcouru rapidement les partitions. Normalement, il fallait plusieurs essais avant d'y parvenir. Ce n'était pas le cas du fils de Vigny. Charlotte obéit immédiatement. Elle remercia Pascal d'un regard timide. Quand Raphaël eut fini, son père le déposa à son cours. Puis il fit un détour par la maison pour prendre sa femme et l'emmener à une soirée. Ils rentreraient tard, et une nourrice ramènerait le petit Raphaël. Charlotte devait faire à manger pour eux deux, ce qui l'enchantait déjà un peu plus. Pendant qu'elle était encore seule, elle nettoyait machinalement le sol de la grande salle de bain. Le soir, elle avait mis la table. Raphaël rentra et s'assit directement. Elle le servit et mangea à ses côtés, pour la première fois. Il ne la regardait pas...
- Tu veux que je coupe ta viande ? proposa-t-elle.
- Non ! Je suis assez grand ! répondit Raphaël d'un ton arrogant.
Charlotte ravala ses larmes. Elle avait d'abord penser que sa compagnie l'aiderait à surmonter le tempérament de Catherine. Comment pourrait-elle oublier ce premier échange ? "Il était déjà assez grand".
- Oh tu sais, rien ne t'oblige à être aussi désagréable avec moi... Je veux juste être gentille, ajouta-t-elle en haussant les épaules malgré tout.
- Ma mère m'a dit de t'éviter.
- Et tu vas le faire ? Je ne te dis pas de te rebeller, mais... Tu peux décider toi-même de certaines choses puisque tu es apparement "déjà assez grand".
Il la regarda surpris. Charlotte n'était vraiment pas comme sa mère lui avait dit. Non... Elle était très douce et très souriante, même avec ce qu'il venait de lui dire. Elle aurait pu s'énerver contre lui. Le petit garçon continua de manger en silence. Plus tard, il resta assis un petit moment réfléchissant à ce qu'il ferait ce soir en l'absence de ses parents tandis que Charlotte débarrassait puis faisait la vaisselle. Elle déposait les assiettes propres sur le côté de l'évier quand elle vit une petite main en saisir une puis l'essuyer.
- Laisse, Raphaël. Je vais le faire après. Va t'amuser... dit-elle dans un grand sourire.
- M'amuser ? On ne me l'a jamais appris. Je m'ennuie et je crois que je préfère t'aider.
- D'accord petit ange. On ira plus vite ainsi.
Quand ils eurent fini, Raphaël lui proposa d'aller dans sa chambre. Il ne savait pas qu'elle y était déjà entrée. Il lui montra son piano, les yeux pétillant de malice.
- Il appartenait à un grand musicien de notre famille. Albert de Vigny, avança-t-il fièrement.
- Tu as beaucoup de chance alors... Deux pianos pour toi tout seul.
- Celui d'en bas est surtout à ma mère. Tu veux en jouer ?
- Non, merci je n'y connais rien... Par contre, j'ai hâte d'entendre ce que tu sais faire.
Charlotte s'assit sur le lit. Il commença à jouer et elle ne cessait de sourire. Il était déjà si doué. Elle admirait ce petit bonhomme, tellement concentré. Rien ne semblait le perturber, il souriait sûr de lui. Ils avaient peut-être un point commun : la joie de vivre. Si elle avait su... Plus tard, elle borda le petit et déposa un tendre baiser sur sa joue. Il ferma les yeux et s'endormit immédiatemment. Charlotte retourna dans sa chambre. Elle avait encore changé d'avis à propos de Raphaël. Elle voyait à nouveau un petit frère en lui. Mais à la fin, qui serait-il pour elle ?
* fin du flashback *
A la fin, qui serait-il pour elle ? Charlotte n'avait pas encore eu la réponse, même 7 ans après leur rencontre. N'était-il vraiment personne... ?
[montage par Fi* - tellement sublime !
tu as en effet très bien compris sa nostalgie qui ressort bien dans ce montage =)]
Ca ne me plait pas du tout mais on fait avec... [arf on m'changera jamais]
Ca dérange si je commente à la fin ? (comme je fais à l'instant XD)
Parce que je sais que ça a causé des "dégats" sur certains blogs et je ne veux pas la même chose ^^. Dîtes-moi si ça gêne ou si j'ai encore le droit à ma liberté d'expression ;p
Voilà, Fi* on est vendredi soir, et j'ai écrit. Pour toi =)
Dans quelques heures, tu auras un sms d'moi et tu sais pourquoi ;) Je t'aime.